Président et directeur général de SAS : quel statut fiscal et social en 2026 ?

Gestion
Auteur de l'article
Olga Trisin
Avocate en droit des sociétés

La SAS séduit les entrepreneurs par la liberté qu'elle leur offre. Contrairement à d'autres formes sociales, elle permet d'organiser assez largement la gouvernance, la répartition des pouvoirs et les conditions d'exercice des fonctions de direction. Cette souplesse ne signifie pourtant pas que tout est permis : dès qu'il est question de rémunérer un dirigeant, de lui verser des dividendes ou de lui accorder une protection sociale, des règles fiscales et sociales précises s'appliquent.

La première décision concerne la présidence, seul organe que toute SAS doit obligatoirement désigner. Les associés peuvent ensuite compléter cette organisation en nommant un directeur général ou, lorsque les statuts le permettent, un directeur général délégué. Ces nominations soulèvent immédiatement plusieurs questions pratiques : le président et le directeur général relèvent-ils du régime général de la Sécurité sociale, doivent-ils recevoir un bulletin de paie, cotisent-ils à l'assurance chômage, comment leur rémunération est-elle imposée, et peuvent-ils percevoir des dividendes ? Pour y répondre, quatre notions doivent être distinguées dès le départ : le mandat social, qui confère au dirigeant le pouvoir d'administrer ou de représenter la société ; le contrat de travail, qui suppose un véritable lien de subordination ; la rémunération du mandat, contrepartie des fonctions de direction ; et les dividendes, qui ne rémunèrent pas le travail du dirigeant mais résultent de sa qualité d'actionnaire. Cet article présente les différences entre président, directeur général et directeur général délégué, avant d'examiner leur régime social, leur fiscalité, l'arbitrage entre rémunération et dividendes, et les principaux points de vigilance.

Président, directeur général et directeur général délégué : quelles différences dans une SAS ?

Cette section précise la place respective de chaque organe de direction avant d'aborder leur régime social, car la différence entre eux est avant tout juridique : sur le plan social, ils relèvent en principe d'un régime identique dès lors qu'ils sont rémunérés au titre de leur mandat.

Le président : le représentant légal obligatoire de la SAS

Toute SAS doit être représentée par un président, seul organe de direction expressément imposé par la loi. Il peut être une personne physique ou une personne morale, actionnaire ou non, et son mandat peut être exercé à titre gratuit ou rémunéré selon les conditions fixées par les statuts ou par l'organe qu'ils désignent.

Aux termes de l'article L. 227-6 du Code de commerce, le président est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société, dans la limite de l'objet social ; à l'égard des tiers, la société reste engagée même par un acte du président étranger à cet objet, sauf à démontrer que le tiers en avait connaissance. Cette liberté d'action n'est cependant pas absolue : le président doit respecter les pouvoirs que la loi attribue expressément aux associés, notamment pour l'approbation des comptes ou certaines opérations de fusion et de dissolution, et les statuts peuvent soumettre certaines décisions à une autorisation préalable.

Ces limitations statutaires produisent principalement leurs effets dans les rapports internes : elles permettent d'engager la responsabilité du président qui les aurait méconnues, mais elles sont, selon le même article L. 227-6, inopposables aux tiers. Une SAS dont les statuts imposeraient l'accord préalable des associés pour tout emprunt supérieur à 100 000 euros resterait ainsi engagée si son président souscrivait seul un emprunt de 150 000 euros ; celui-ci pourrait néanmoins devoir en répondre devant la société ou ses associés. La rédaction des statuts doit donc trouver un équilibre entre la réactivité nécessaire au président et le contrôle des décisions les plus sensibles.

Le directeur général de SAS : un organe facultatif créé par les statuts

Contrairement au président, le directeur général n'est pas un organe obligatoire, et une SAS peut parfaitement fonctionner sans lui. Sa nomination devient utile lorsque le président ne souhaite pas assumer seul la direction opérationnelle ou lorsque plusieurs fondateurs doivent disposer d'un rôle exécutif clairement défini. Le Code de commerce ne propose toutefois pas d'organisation prête à l'emploi de ce mandat : ce sont les statuts qui doivent en déterminer les principales règles, à savoir la possibilité même de nommer un ou plusieurs directeurs généraux, l'organe compétent pour les désigner, la durée du mandat, les conditions de fixation de la rémunération, l'étendue des pouvoirs internes et des éventuelles autorisations préalables, ainsi que les causes et modalités de révocation.

La simple attribution du titre de « directeur général » ne suffit pas à résoudre la question des pouvoirs. Il faut distinguer un salarié auquel ce titre est donné en interne du véritable directeur général institué par les statuts comme organe de la SAS. Cette distinction devient décisive dès qu'il doit signer des contrats ou représenter la société : lorsque les statuts l'instituent dans les conditions de l'article L. 227-6, le directeur général peut recevoir un pouvoir général de représentation à l'égard des tiers ; à défaut, son pouvoir se limite à une délégation interne ou à des actes précisément définis. La nomination d'un véritable directeur général doit être formalisée par une décision de l'organe compétent et donner lieu aux formalités de publicité et de déclaration sur le guichet unique.

Le directeur général délégué : quelle place dans la gouvernance ?

La SAS peut également être dotée d'un ou plusieurs directeurs généraux délégués, à condition que les statuts prévoient cette possibilité. Le DGD peut être chargé d'un domaine particulier — direction financière, développement international, supervision d'une activité opérationnelle — ou assister le président et le directeur général. Son titre ne permet toutefois pas de présumer l'étendue exacte de ses pouvoirs : les statuts et la décision de nomination doivent préciser les fonctions confiées, les actes qu'il peut accomplir seul, les décisions soumises à autorisation, la durée de son mandat, les conditions de sa révocation, et l'existence éventuelle d'un pouvoir de représentation à l'égard des tiers.

Il convient de ne pas confondre le mandat de directeur général délégué, organe statutaire de la SAS, avec une simple délégation de pouvoirs consentie à un salarié : le fondement juridique, les formalités et les conséquences de ces deux mécanismes ne sont pas identiques. Sur le plan fiscal et social, le directeur général délégué personne physique rémunéré au titre de son mandat suit, en principe, le même régime que le président et le directeur général.

Une différence juridique, mais un statut social généralement identique

Le président est obligatoire et représente la société de plein droit ; le directeur général et le directeur général délégué sont facultatifs, et leur existence comme leurs pouvoirs doivent être organisés par les statuts. Cette différence de fonction ne conduit pourtant pas, en principe, à une différence de régime social : lorsqu'ils sont des personnes physiques et perçoivent une rémunération au titre de leur mandat, tous relèvent normalement du régime général de la Sécurité sociale en qualité d'assimilés salariés.

Cas pratique — Répartir les fonctions entre un président et un directeur général

Situation

Léa et Karim créent ensemble une SAS spécialisée dans les services numériques et souhaitent tous deux participer activement à sa direction. Léa est nommée présidente : elle supervise la stratégie générale, les relations avec les investisseurs et représente la société à l'égard des tiers. Karim est nommé directeur général : il pilote le développement commercial et négocie les contrats relevant de son domaine.

Sécurisation statutaire

La nomination de Léa est indispensable, la SAS ne pouvant fonctionner sans président. Celle de Karim est facultative et doit donc être organisée par les statuts, qui précisent qu'il dispose du pouvoir de représenter la société à l'égard des tiers et que tout engagement supérieur à 200 000 euros nécessite l'autorisation préalable des associés.

Régime social

Léa et Karim perçoivent tous deux une rémunération au titre de leur mandat. Malgré la différence de leurs fonctions, ils relèvent du même régime social : tous deux sont assimilés salariés et affiliés au régime général, sans toutefois cotiser à l'assurance chômage au titre de leur mandat.

Les montants (200 000 euros) sont retenus à titre d'illustration et n'ont pas de valeur réglementaire.

Quel est le statut social du président et du directeur général dans une SAS ?

Cette nuance est essentielle : elle détermine le niveau des cotisations dues par la société, la couverture sociale du dirigeant, ses droits à la retraite et sa situation en cas de cessation du mandat.

Le principe : le statut d'assimilé salarié en présence d'une rémunération

Lorsqu'il perçoit une rémunération au titre de son mandat, le président personne physique d'une SAS est affilié au régime général de la Sécurité sociale en qualité d'assimilé salarié. Le même principe s'applique au directeur général et au directeur général délégué personnes physiques régulièrement investis d'un mandat social. Le terme « assimilé » signifie que le dirigeant est rattaché au régime général pour l'essentiel de sa protection sociale et que sa rémunération supporte des cotisations proches de celles d'un salarié cadre — il ne signifie pas que le mandat devient un contrat de travail. Un président qui exerce gratuitement son mandat n'acquiert aucun droit social à ce titre, même s'il travaille quotidiennement pour la société.

Le pourcentage de capital détenu est sans incidence sur cette règle : un président possédant 90 % des actions, un président minoritaire et un président non actionnaire relèvent du même régime dès lors qu'ils sont rémunérés au titre de leur mandat. La SAS se distingue ainsi nettement de la SARL, où le gérant majoritaire relève en principe du régime des travailleurs indépendants. Le dirigeant assimilé salarié ne bénéficie pas non plus de tous les mécanismes de réduction de cotisations applicables aux salariés ordinaires ; il est notamment exclu, en principe, de la réduction générale dégressive de cotisations patronales, de sorte que le coût social de sa rémunération doit être simulé au cas par cas.

Quelles cotisations sociales s'appliquent à la rémunération du dirigeant ?

La rémunération versée au président ou au DG est soumise aux cotisations et contributions du régime général correspondant à sa qualité de mandataire social assimilé salarié : elles financent notamment l'assurance maladie et maternité, la retraite de base, la retraite complémentaire Agirc-Arrco, les allocations familiales, la CSG et la CRDS, certaines contributions patronales, ainsi que la prévoyance et la complémentaire santé lorsqu'un dispositif a été mis en place.

Pour comprendre le coût réel de la rémunération, il faut distinguer quatre montants : la rémunération brute fixée pour le mandat, la rémunération nette perçue après prélèvement des cotisations salariales, les cotisations patronales versées en parallèle par la société, et le coût total supporté par la SAS, qui additionne rémunération brute et cotisations patronales. Une rémunération nette mensuelle souhaitée de 3 000 euros ne représente donc pas un coût de 3 000 euros pour la société ; le coût réel sera sensiblement supérieur, son montant exact dépendant du niveau de rémunération, des plafonds applicables, des avantages en nature et du paramétrage de la paie. Il serait trompeur d'annoncer un taux unique valable pour tous les dirigeants : avant de fixer la rémunération du président, il convient de comparer au moins le coût total pour la société, le montant net perçu, l'impôt personnel du dirigeant et les droits sociaux effectivement acquis.

Le président ou le DG de SAS bénéficie-t-il de la même protection qu'un salarié ?

Le dirigeant assimilé salarié bénéficie d'une protection sociale proche de celle d'un salarié cadre : ses cotisations peuvent lui ouvrir des droits au remboursement des soins, aux prestations de maternité ou de paternité, à des indemnités journalières sous conditions, ainsi qu'à la retraite de base et complémentaire. Cette proximité ne doit cependant pas effacer les différences liées à la nature du mandat. Le président ou le DG n'est pas soumis à la durée légale du travail au titre de son mandat, ne bénéficie pas automatiquement de congés payés ni des règles protectrices relatives au licenciement, et la cessation de ses fonctions relève des statuts et des décisions sociales plutôt que du droit du licenciement. Lorsqu'un dirigeant est révoqué, il ne peut donc pas réclamer une indemnité de licenciement au seul motif qu'il recevait un bulletin de paie : celui-ci matérialise le traitement social de sa rémunération, il ne transforme pas le mandat en contrat de travail. Les statuts ou un pacte d'associés peuvent néanmoins encadrer la révocation, prévoir un préavis ou organiser une indemnité.

Pourquoi le président et le DG ne cotisent-ils pas à l'assurance chômage ?

Le mandat social ne crée pas, à lui seul, un lien de subordination, or l'assurance chômage est attachée à l'existence d'une activité salariée exercée dans un tel lien. Le président, le directeur général et le directeur général délégué ne cotisent donc pas à l'assurance chômage au titre de leur mandat, même lorsqu'ils reçoivent un bulletin de paie, et ne bénéficient pas non plus de la garantie de l'Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS) sur cette rémunération. Cette absence de couverture apparaît souvent tardivement, lorsque le dirigeant est révoqué ou que la société rencontre des difficultés. Plusieurs solutions peuvent être envisagées en amont : une assurance privée contre la perte involontaire d'activité, notamment auprès de la GSC, ou le cumul du mandat avec un véritable contrat de travail lorsque les conditions juridiques sont réunies — fonctions techniques distinctes, rémunération séparée et lien de subordination réel. Il ne suffit pas de signer un contrat de travail avec son propre dirigeant pour créer artificiellement des droits à l'assurance chômage.

Le pourcentage de capital détenu change-t-il le statut social ?

Non. Dans une SAS, le statut social du président ou du DG rémunéré ne dépend pas de son pourcentage de participation au capital : un président associé majoritaire reste assimilé salarié et ne bascule pas vers le régime des travailleurs indépendants du seul fait qu'il détient plus de la moitié des actions. Cette règle doit cependant être distinguée de la question des dividendes, seul le dirigeant également actionnaire pouvant en percevoir, sans que ceux-ci constituent une rémunération du mandat ni ouvrent de droits sociaux. Deux présidents percevant chacun 50 000 euros brut par an, l'un détenant 10 % du capital et l'autre 90 %, relèvent ainsi du même régime social pour leur rémunération de mandat, même si leurs droits aux dividendes diffèrent selon le nombre d'actions détenues. Cette stabilité constitue une différence structurante avec la SARL, dans laquelle la participation du gérant peut déterminer son rattachement au régime des travailleurs indépendants.

Que se passe-t-il lorsque le président ou le DG de SAS n'est pas rémunéré ?

Avant d'aborder les conséquences pratiques, il faut rappeler que la gratuité du mandat ne doit jamais être traitée comme une simple absence de virement bancaire : elle doit correspondre à une décision claire, régulièrement prise et cohérente avec les documents comptables et sociaux de la société.

Un mandat social peut-il être exercé gratuitement ?

Oui. La rémunération du président, du directeur général ou du directeur général délégué n'est pas obligatoire, même lorsque le dirigeant consacre une part importante de son temps au développement de la société. Avant de retenir cette solution, il convient de vérifier les statuts, la décision de nomination du dirigeant, les éventuelles décisions déjà prises concernant sa rémunération et l'identité de l'organe compétent pour la fixer. Il est préférable d'adopter une décision expresse indiquant que le dirigeant exercera gratuitement son mandat, plutôt que de laisser une absence de paiement être interprétée ultérieurement comme un retard ou une rémunération reportée.

Quatre situations doivent en particulier être distinguées : l'absence réelle de toute rémunération accordée ; la suspension pour l'avenir d'une rémunération normalement due, dont la date d'effet doit être précisée ; le report du paiement d'une rémunération qui demeure due, créant une dette de la société envers son dirigeant ; et l'inscription de la rémunération au crédit du compte courant d'associé du dirigeant, qui ne correspond pas à un mandat gratuit et peut caractériser une somme mise à sa disposition avec les conséquences sociales et fiscales correspondantes, même en l'absence de virement bancaire. Si aucune décision n'a supprimé ou suspendu la rémunération d'une présidente percevant normalement 3 000 euros brut par mois, une simple absence de versement entre avril et juin ne permet pas de considérer rétroactivement que le mandat est devenu gratuit : les sommes peuvent rester dues.

Quelles conséquences sociales en l'absence de rémunération ?

Lorsqu'aucune rémunération n'est versée ou mise à la disposition du dirigeant, aucune cotisation sociale n'est calculée sur son mandat. Cette économie immédiate a une contrepartie importante : le mandat non rémunéré ne permet pas, à lui seul, de créer des droits sociaux fondés sur une rémunération professionnelle. Le président ou le DG non rémunéré ne valide donc pas de trimestres de retraite ni de points Agirc-Arrco au titre de ce seul mandat, et ne se constitue pas de droits à indemnités journalières sur cette activité. Il serait toutefois inexact d'affirmer qu'un dirigeant non rémunéré ne bénéficie d'aucune protection maladie : la prise en charge de ses frais de santé peut être maintenue à un autre titre, par exemple une activité salariée parallèle, une pension de retraite, ou la protection universelle maladie liée à sa résidence stable et régulière en France. La situation sociale du dirigeant doit ainsi être appréciée dans son ensemble, en tenant compte de son mandat, de ses autres activités, de ses droits déjà acquis et de sa situation familiale.

Le dirigeant non rémunéré doit-il recevoir un bulletin de paie ?

En principe non : un bulletin de paie a pour fonction de retracer une rémunération et les cotisations associées, et son établissement systématique à zéro n'apporte pas de sécurité supplémentaire lorsqu'aucune somme n'est versée — il peut même créer une confusion. La gratuité du mandat doit plutôt être démontrée par une documentation cohérente : décision de nomination sans rémunération prévue, décision constatant expressément la gratuité, absence d'inscription en comptabilité et absence de somme portée au crédit d'un compte courant d'associé. Une attention particulière doit être portée aux avantages en nature, comme l'utilisation personnelle d'un véhicule pris en charge par la société : un dirigeant présenté comme non rémunéré peut néanmoins percevoir un élément de rémunération soumis à cotisations s'il bénéficie d'un tel avantage. Ne pas rémunérer le dirigeant peut constituer un choix raisonnable au démarrage de la SAS, mais ce choix n'est jamais neutre pour lui : il peut affecter l'acquisition de droits à la retraite, la couverture en matière de prévoyance ou la capacité à justifier de revenus réguliers, et doit donc être réexaminé au moins annuellement.

Bulletin de paie et déclarations sociales : quelles obligations pour la SAS ?

Dès lors qu'une rémunération est accordée au président, au directeur général ou au directeur général délégué personne physique, la SAS entre dans une logique de paie qui ne se limite pas à la régularité de la décision juridique.

Le bulletin de paie est-il obligatoire pour un mandataire social rémunéré ?

Lorsqu'il perçoit une rémunération soumise aux cotisations du régime général, le dirigeant reçoit en pratique un bulletin de paie correspondant à sa qualité de mandataire social assimilé salarié, retraçant la rémunération brute du mandat, les cotisations salariales et patronales, les éventuels avantages en nature, le prélèvement à la source, le montant net social et le net à payer. Ce bulletin doit être paramétré pour un mandataire social : l'utilisation d'un modèle destiné à un salarié ordinaire peut faire apparaître des mentions inadaptées, comme une durée conventionnelle de travail ou une classification qui ne correspondent pas à la réalité de son mandat. Un président percevant 5 000 euros brut par mois au titre de son mandat, sans contrat de travail distinct, ne devrait ainsi pas être présenté artificiellement comme soumis à 151,67 heures mensuelles. La situation change lorsque le dirigeant cumule valablement son mandat avec un contrat de travail portant sur des fonctions salariées réelles et distinctes, exercées dans un véritable lien de subordination et rémunérées séparément — ce cumul ne devant jamais servir de simple technique formelle pour créer artificiellement des droits salariaux ou une couverture chômage.

Comment déclarer et payer les cotisations ?

La rémunération du président ou du DG est déclarée dans la déclaration sociale nominative (DSN), transmise chaque mois, qui prévoit une identification spécifique du mandat social pour un mandataire sans contrat de travail. La société doit ensuite payer les cotisations sociales selon la périodicité applicable, reverser le prélèvement à la source à l'administration fiscale, et conserver une documentation complète comprenant les statuts, la décision de nomination, les procès-verbaux fixant la rémunération, les bulletins de paie, les déclarations sociales nominatives et les justificatifs de paiement. Une attention particulière doit être portée aux frais professionnels : le remboursement d'une dépense réellement engagée dans l'intérêt de la société, justifiée par une facture, ne constitue pas une rémunération, alors qu'une allocation forfaitaire insuffisamment justifiée peut être réintégrée dans l'assiette des cotisations en cas de contrôle.

Qui décide de la rémunération du président et du DG ?

Contrairement à une idée fréquente, le président ne devrait pas décider seul de sa propre rémunération si aucun texte statutaire ne lui attribue clairement ce pouvoir. Les statuts peuvent confier cette décision aux associés statuant collectivement, à l'associé unique dans une SASU, à un conseil ou à un autre organe spécialement désigné, et la décision doit être formalisée dans un procès-verbal précisant le montant fixe, sa périodicité, l'existence d'une part variable et ses critères objectifs, les éventuels plafonds, les avantages en nature et les modalités de remboursement des frais. Une part variable dont les critères resteraient vagues — une simple référence aux « performances du dirigeant » — risque de provoquer un désaccord au moment du paiement ; une rédaction plus rigoureuse précisera par exemple qu'une prime de 30 000 euros est due si le chiffre d'affaires encaissé dépasse 2 millions d'euros avec une marge brute minimale de 35 %, ces éléments étant constatés par l'organe compétent après l'arrêté des comptes. La question des conventions réglementées doit également être examinée lorsque le dirigeant est actionnaire ou exerce une influence déterminante sur la décision, afin de vérifier les règles de vote et les procédures de contrôle applicables.

Quel est le statut fiscal de la rémunération du président et du directeur général de SAS ?

Pour le dirigeant, la rémunération entre en principe dans le calcul de l'impôt sur le revenu ; pour la SAS soumise à l'impôt sur les sociétés, elle peut réduire le résultat imposable, à condition de correspondre à un travail réel, de ne pas être excessive et d'avoir été régulièrement décidée.

Imposition de la rémunération dans la catégorie des traitements et salaires

Lorsque la SAS est soumise à l'impôt sur les sociétés, la rémunération perçue par son président, son directeur général ou son directeur général délégué personne physique est en principe imposée à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires, qu'elle soit fixe, variable ou composée de plusieurs éléments — y compris une somme portée au crédit du compte courant du dirigeant et mise à sa disposition. L'impôt correspondant est prélevé à la source par la SAS. Pour déterminer le revenu soumis au barème progressif, le dirigeant bénéficie en principe de la déduction forfaitaire de 10 % représentative de ses frais professionnels, ou peut opter pour la déduction de ses frais réels lorsqu'il supporte personnellement des dépenses professionnelles importantes non remboursées — une même dépense ne pouvant jamais être prise en compte deux fois. La rémunération du mandat doit enfin être distinguée des dividendes : la première relève des traitements et salaires, les seconds de la fiscalité des revenus du capital, et le fait que les deux sommes soient versées à la même personne ne leur donne ni le même fondement ni le même régime fiscal.

La rémunération est-elle déductible du résultat fiscal de la SAS ?

Pour une SAS soumise à l'impôt sur les sociétés, la rémunération du président ou du directeur général est en principe déductible du résultat fiscal, sous réserve de plusieurs conditions cumulatives : elle doit correspondre à un travail effectif, ne pas être excessive au regard des fonctions exercées, avoir été engagée dans l'intérêt de la société, régulièrement comptabilisée, et appuyée par une décision conforme aux statuts. Pour apprécier le caractère excessif d'une rémunération, l'administration peut notamment tenir compte de la nature des responsabilités confiées, du temps consacré à la société, de sa taille et de son chiffre d'affaires, ainsi que des rémunérations pratiquées dans des entreprises comparables. Une vigilance renforcée s'impose lorsque le dirigeant contrôle la SAS, que sa rémunération augmente fortement d'un exercice à l'autre, ou que la société est déficitaire : une SAS déficitaire peut néanmoins rémunérer son dirigeant, le déficit ne suffisant pas, à lui seul, à rendre la rémunération excessive.

Quel est le statut social du président et du directeur général dans une SAS ?

Cette nuance est essentielle : elle détermine le niveau des cotisations dues par la société, la couverture sociale du dirigeant, ses droits à la retraite et sa situation en cas de cessation du mandat.

Le principe : le statut d'assimilé salarié en présence d'une rémunération

Lorsqu'il perçoit une rémunération au titre de son mandat, le président personne physique d'une SAS est affilié au régime général de la Sécurité sociale en qualité d'assimilé salarié. Le même principe s'applique au directeur général et au directeur général délégué personnes physiques régulièrement investis d'un mandat social. Le terme « assimilé » signifie que le dirigeant est rattaché au régime général pour l'essentiel de sa protection sociale et que sa rémunération supporte des cotisations proches de celles d'un salarié cadre — il ne signifie pas que le mandat devient un contrat de travail. Un président qui exerce gratuitement son mandat n'acquiert aucun droit social à ce titre, même s'il travaille quotidiennement pour la société.

Le pourcentage de capital détenu est sans incidence sur cette règle : un président possédant 90 % des actions, un président minoritaire et un président non actionnaire relèvent du même régime dès lors qu'ils sont rémunérés au titre de leur mandat. La SAS se distingue ainsi nettement de la SARL, où le gérant majoritaire relève en principe du régime des travailleurs indépendants. Le dirigeant assimilé salarié ne bénéficie pas non plus de tous les mécanismes de réduction de cotisations applicables aux salariés ordinaires ; il est notamment exclu, en principe, de la réduction générale dégressive de cotisations patronales, de sorte que le coût social de sa rémunération doit être simulé au cas par cas.

Quelles cotisations sociales s'appliquent à la rémunération du dirigeant ?

La rémunération versée au président ou au DG est soumise aux cotisations et contributions du régime général correspondant à sa qualité de mandataire social assimilé salarié : elles financent notamment l'assurance maladie et maternité, la retraite de base, la retraite complémentaire Agirc-Arrco, les allocations familiales, la CSG et la CRDS, certaines contributions patronales, ainsi que la prévoyance et la complémentaire santé lorsqu'un dispositif a été mis en place.

Pour comprendre le coût réel de la rémunération, il faut distinguer quatre montants : la rémunération brute fixée pour le mandat, la rémunération nette perçue après prélèvement des cotisations salariales, les cotisations patronales versées en parallèle par la société, et le coût total supporté par la SAS, qui additionne rémunération brute et cotisations patronales. Une rémunération nette mensuelle souhaitée de 3 000 euros ne représente donc pas un coût de 3 000 euros pour la société ; le coût réel sera sensiblement supérieur, son montant exact dépendant du niveau de rémunération, des plafonds applicables, des avantages en nature et du paramétrage de la paie. Il serait trompeur d'annoncer un taux unique valable pour tous les dirigeants : avant de fixer la rémunération du président, il convient de comparer au moins le coût total pour la société, le montant net perçu, l'impôt personnel du dirigeant et les droits sociaux effectivement acquis.

Le président ou le DG de SAS bénéficie-t-il de la même protection qu'un salarié ?

Le dirigeant assimilé salarié bénéficie d'une protection sociale proche de celle d'un salarié cadre : ses cotisations peuvent lui ouvrir des droits au remboursement des soins, aux prestations de maternité ou de paternité, à des indemnités journalières sous conditions, ainsi qu'à la retraite de base et complémentaire. Cette proximité ne doit cependant pas effacer les différences liées à la nature du mandat. Le président ou le DG n'est pas soumis à la durée légale du travail au titre de son mandat, ne bénéficie pas automatiquement de congés payés ni des règles protectrices relatives au licenciement, et la cessation de ses fonctions relève des statuts et des décisions sociales plutôt que du droit du licenciement. Lorsqu'un dirigeant est révoqué, il ne peut donc pas réclamer une indemnité de licenciement au seul motif qu'il recevait un bulletin de paie : celui-ci matérialise le traitement social de sa rémunération, il ne transforme pas le mandat en contrat de travail. Les statuts ou un pacte d'associés peuvent néanmoins encadrer la révocation, prévoir un préavis ou organiser une indemnité.

Pourquoi le président et le DG ne cotisent-ils pas à l'assurance chômage ?

Le mandat social ne crée pas, à lui seul, un lien de subordination, or l'assurance chômage est attachée à l'existence d'une activité salariée exercée dans un tel lien. Le président, le directeur général et le directeur général délégué ne cotisent donc pas à l'assurance chômage au titre de leur mandat, même lorsqu'ils reçoivent un bulletin de paie, et ne bénéficient pas non plus de la garantie de l'Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS) sur cette rémunération. Cette absence de couverture apparaît souvent tardivement, lorsque le dirigeant est révoqué ou que la société rencontre des difficultés. Plusieurs solutions peuvent être envisagées en amont : une assurance privée contre la perte involontaire d'activité, notamment auprès de la GSC, ou le cumul du mandat avec un véritable contrat de travail lorsque les conditions juridiques sont réunies — fonctions techniques distinctes, rémunération séparée et lien de subordination réel. Il ne suffit pas de signer un contrat de travail avec son propre dirigeant pour créer artificiellement des droits à l'assurance chômage.

Le pourcentage de capital détenu change-t-il le statut social ?

Non. Dans une SAS, le statut social du président ou du DG rémunéré ne dépend pas de son pourcentage de participation au capital : un président associé majoritaire reste assimilé salarié et ne bascule pas vers le régime des travailleurs indépendants du seul fait qu'il détient plus de la moitié des actions. Cette règle doit cependant être distinguée de la question des dividendes, seul le dirigeant également actionnaire pouvant en percevoir, sans que ceux-ci constituent une rémunération du mandat ni ouvrent de droits sociaux. Deux présidents percevant chacun 50 000 euros brut par an, l'un détenant 10 % du capital et l'autre 90 %, relèvent ainsi du même régime social pour leur rémunération de mandat, même si leurs droits aux dividendes diffèrent selon le nombre d'actions détenues. Cette stabilité constitue une différence structurante avec la SARL, dans laquelle la participation du gérant peut déterminer son rattachement au régime des travailleurs indépendants.

Que se passe-t-il lorsque le président ou le DG de SAS n'est pas rémunéré ?

Avant d'aborder les conséquences pratiques, il faut rappeler que la gratuité du mandat ne doit jamais être traitée comme une simple absence de virement bancaire : elle doit correspondre à une décision claire, régulièrement prise et cohérente avec les documents comptables et sociaux de la société.

Un mandat social peut-il être exercé gratuitement ?

Oui. La rémunération du président, du directeur général ou du directeur général délégué n'est pas obligatoire, même lorsque le dirigeant consacre une part importante de son temps au développement de la société. Avant de retenir cette solution, il convient de vérifier les statuts, la décision de nomination du dirigeant, les éventuelles décisions déjà prises concernant sa rémunération et l'identité de l'organe compétent pour la fixer. Il est préférable d'adopter une décision expresse indiquant que le dirigeant exercera gratuitement son mandat, plutôt que de laisser une absence de paiement être interprétée ultérieurement comme un retard ou une rémunération reportée.

Quatre situations doivent en particulier être distinguées : l'absence réelle de toute rémunération accordée ; la suspension pour l'avenir d'une rémunération normalement due, dont la date d'effet doit être précisée ; le report du paiement d'une rémunération qui demeure due, créant une dette de la société envers son dirigeant ; et l'inscription de la rémunération au crédit du compte courant d'associé du dirigeant, qui ne correspond pas à un mandat gratuit et peut caractériser une somme mise à sa disposition avec les conséquences sociales et fiscales correspondantes, même en l'absence de virement bancaire. Si aucune décision n'a supprimé ou suspendu la rémunération d'une présidente percevant normalement 3 000 euros brut par mois, une simple absence de versement entre avril et juin ne permet pas de considérer rétroactivement que le mandat est devenu gratuit : les sommes peuvent rester dues.

Quelles conséquences sociales en l'absence de rémunération ?

Lorsqu'aucune rémunération n'est versée ou mise à la disposition du dirigeant, aucune cotisation sociale n'est calculée sur son mandat. Cette économie immédiate a une contrepartie importante : le mandat non rémunéré ne permet pas, à lui seul, de créer des droits sociaux fondés sur une rémunération professionnelle. Le président ou le DG non rémunéré ne valide donc pas de trimestres de retraite ni de points Agirc-Arrco au titre de ce seul mandat, et ne se constitue pas de droits à indemnités journalières sur cette activité. Il serait toutefois inexact d'affirmer qu'un dirigeant non rémunéré ne bénéficie d'aucune protection maladie : la prise en charge de ses frais de santé peut être maintenue à un autre titre, par exemple une activité salariée parallèle, une pension de retraite, ou la protection universelle maladie liée à sa résidence stable et régulière en France. La situation sociale du dirigeant doit ainsi être appréciée dans son ensemble, en tenant compte de son mandat, de ses autres activités, de ses droits déjà acquis et de sa situation familiale.

Le dirigeant non rémunéré doit-il recevoir un bulletin de paie ?

En principe non : un bulletin de paie a pour fonction de retracer une rémunération et les cotisations associées, et son établissement systématique à zéro n'apporte pas de sécurité supplémentaire lorsqu'aucune somme n'est versée — il peut même créer une confusion. La gratuité du mandat doit plutôt être démontrée par une documentation cohérente : décision de nomination sans rémunération prévue, décision constatant expressément la gratuité, absence d'inscription en comptabilité et absence de somme portée au crédit d'un compte courant d'associé. Une attention particulière doit être portée aux avantages en nature, comme l'utilisation personnelle d'un véhicule pris en charge par la société : un dirigeant présenté comme non rémunéré peut néanmoins percevoir un élément de rémunération soumis à cotisations s'il bénéficie d'un tel avantage. Ne pas rémunérer le dirigeant peut constituer un choix raisonnable au démarrage de la SAS, mais ce choix n'est jamais neutre pour lui : il peut affecter l'acquisition de droits à la retraite, la couverture en matière de prévoyance ou la capacité à justifier de revenus réguliers, et doit donc être réexaminé au moins annuellement.

Bulletin de paie et déclarations sociales : quelles obligations pour la SAS ?

Dès lors qu'une rémunération est accordée au président, au directeur général ou au directeur général délégué personne physique, la SAS entre dans une logique de paie qui ne se limite pas à la régularité de la décision juridique.

Le bulletin de paie est-il obligatoire pour un mandataire social rémunéré ?

Lorsqu'il perçoit une rémunération soumise aux cotisations du régime général, le dirigeant reçoit en pratique un bulletin de paie correspondant à sa qualité de mandataire social assimilé salarié, retraçant la rémunération brute du mandat, les cotisations salariales et patronales, les éventuels avantages en nature, le prélèvement à la source, le montant net social et le net à payer. Ce bulletin doit être paramétré pour un mandataire social : l'utilisation d'un modèle destiné à un salarié ordinaire peut faire apparaître des mentions inadaptées, comme une durée conventionnelle de travail ou une classification qui ne correspondent pas à la réalité de son mandat. Un président percevant 5 000 euros brut par mois au titre de son mandat, sans contrat de travail distinct, ne devrait ainsi pas être présenté artificiellement comme soumis à 151,67 heures mensuelles. La situation change lorsque le dirigeant cumule valablement son mandat avec un contrat de travail portant sur des fonctions salariées réelles et distinctes, exercées dans un véritable lien de subordination et rémunérées séparément — ce cumul ne devant jamais servir de simple technique formelle pour créer artificiellement des droits salariaux ou une couverture chômage.

Comment déclarer et payer les cotisations ?

La rémunération du président ou du DG est déclarée dans la déclaration sociale nominative (DSN), transmise chaque mois, qui prévoit une identification spécifique du mandat social pour un mandataire sans contrat de travail. La société doit ensuite payer les cotisations sociales selon la périodicité applicable, reverser le prélèvement à la source à l'administration fiscale, et conserver une documentation complète comprenant les statuts, la décision de nomination, les procès-verbaux fixant la rémunération, les bulletins de paie, les déclarations sociales nominatives et les justificatifs de paiement. Une attention particulière doit être portée aux frais professionnels : le remboursement d'une dépense réellement engagée dans l'intérêt de la société, justifiée par une facture, ne constitue pas une rémunération, alors qu'une allocation forfaitaire insuffisamment justifiée peut être réintégrée dans l'assiette des cotisations en cas de contrôle.

Qui décide de la rémunération du président et du DG ?

Contrairement à une idée fréquente, le président ne devrait pas décider seul de sa propre rémunération si aucun texte statutaire ne lui attribue clairement ce pouvoir. Les statuts peuvent confier cette décision aux associés statuant collectivement, à l'associé unique dans une SASU, à un conseil ou à un autre organe spécialement désigné, et la décision doit être formalisée dans un procès-verbal précisant le montant fixe, sa périodicité, l'existence d'une part variable et ses critères objectifs, les éventuels plafonds, les avantages en nature et les modalités de remboursement des frais. Une part variable dont les critères resteraient vagues — une simple référence aux « performances du dirigeant » — risque de provoquer un désaccord au moment du paiement ; une rédaction plus rigoureuse précisera par exemple qu'une prime de 30 000 euros est due si le chiffre d'affaires encaissé dépasse 2 millions d'euros avec une marge brute minimale de 35 %, ces éléments étant constatés par l'organe compétent après l'arrêté des comptes. La question des conventions réglementées doit également être examinée lorsque le dirigeant est actionnaire ou exerce une influence déterminante sur la décision, afin de vérifier les règles de vote et les procédures de contrôle applicables.

Quel est le statut fiscal de la rémunération du président et du directeur général de SAS ?

Pour le dirigeant, la rémunération entre en principe dans le calcul de l'impôt sur le revenu ; pour la SAS soumise à l'impôt sur les sociétés, elle peut réduire le résultat imposable, à condition de correspondre à un travail réel, de ne pas être excessive et d'avoir été régulièrement décidée.

Imposition de la rémunération dans la catégorie des traitements et salaires

Lorsque la SAS est soumise à l'impôt sur les sociétés, la rémunération perçue par son président, son directeur général ou son directeur général délégué personne physique est en principe imposée à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires, qu'elle soit fixe, variable ou composée de plusieurs éléments — y compris une somme portée au crédit du compte courant du dirigeant et mise à sa disposition. L'impôt correspondant est prélevé à la source par la SAS. Pour déterminer le revenu soumis au barème progressif, le dirigeant bénéficie en principe de la déduction forfaitaire de 10 % représentative de ses frais professionnels, ou peut opter pour la déduction de ses frais réels lorsqu'il supporte personnellement des dépenses professionnelles importantes non remboursées — une même dépense ne pouvant jamais être prise en compte deux fois. La rémunération du mandat doit enfin être distinguée des dividendes : la première relève des traitements et salaires, les seconds de la fiscalité des revenus du capital, et le fait que les deux sommes soient versées à la même personne ne leur donne ni le même fondement ni le même régime fiscal.

La rémunération est-elle déductible du résultat fiscal de la SAS ?

Pour une SAS soumise à l'impôt sur les sociétés, la rémunération du président ou du directeur général est en principe déductible du résultat fiscal, sous réserve de plusieurs conditions cumulatives : elle doit correspondre à un travail effectif, ne pas être excessive au regard des fonctions exercées, avoir été engagée dans l'intérêt de la société, régulièrement comptabilisée, et appuyée par une décision conforme aux statuts. Pour apprécier le caractère excessif d'une rémunération, l'administration peut notamment tenir compte de la nature des responsabilités confiées, du temps consacré à la société, de sa taille et de son chiffre d'affaires, ainsi que des rémunérations pratiquées dans des entreprises comparables. Une vigilance renforcée s'impose lorsque le dirigeant contrôle la SAS, que sa rémunération augmente fortement d'un exercice à l'autre, ou que la société est déficitaire : une SAS déficitaire peut néanmoins rémunérer son dirigeant, le déficit ne suffisant pas, à lui seul, à rendre la rémunération excessive.

Deux exemples chiffrés — rémunération excessive ou raisonnable

Exemple 1 — Rémunération cohérente

Une SAS réalise 600 000 euros de chiffre d'affaires et dégage un bénéfice avant rémunération de 120 000 euros. Son président exerce effectivement la direction opérationnelle et perçoit 70 000 euros par an. Ce montant, cohérent avec ses responsabilités et les capacités financières de la société, peut en principe être déduit : le résultat soumis à l'IS est diminué de la rémunération et des charges sociales correspondantes.

Exemple 2 — Rémunération à risque

Le même président porte brusquement sa rémunération à 200 000 euros, sans modification de ses fonctions et alors que la société dispose de résultats insuffisants. L'administration pourrait considérer que la fraction excessive ne correspond pas à une charge normale de l'entreprise : cette fraction serait alors réintégrée dans le résultat fiscal de la SAS et pourrait être regardée comme un revenu distribué au dirigeant.

Exemples pédagogiques ; l'appréciation du caractère excessif d'une rémunération dépend toujours des circonstances propres à chaque société.

Comment sont imposés les avantages en nature ?

Le dirigeant bénéficie d'un avantage en nature lorsque la SAS met gratuitement à sa disposition un bien ou un service qu'il peut utiliser à des fins personnelles — utilisation privée d'un véhicule, mise à disposition d'un logement, prise en charge de repas personnels ou utilisation privée d'un équipement professionnel. Sa valeur doit, en principe, être intégrée dans l'assiette des cotisations sociales et dans le revenu imposable du dirigeant. Il faut distinguer soigneusement l'avantage en nature, soumis à cotisations et à l'impôt, du frais professionnel correctement justifié et remboursé, qui ne constitue pas une rémunération, et de la dépense personnelle prise en charge sans lien avec l'intérêt de la société, qui peut caractériser un avantage occulte ou un usage irrégulier des fonds sociaux. La décision accordant l'avantage, son évaluation et son inscription sur le bulletin doivent rester cohérentes : une mise à disposition informelle est toujours plus difficile à défendre lors d'un contrôle.

Les remboursements de frais professionnels sont-ils imposables ?

Le remboursement de frais réellement engagés par le président ou le DG dans l'intérêt de la SAS ne constitue pas, en principe, une rémunération imposable, dès lors que la dépense présente un caractère professionnel, qu'elle est engagée dans l'intérêt de la société, que son montant est justifié et qu'elle n'est ni excessive ni étrangère aux besoins de l'activité. Pour chaque remboursement, il est recommandé de conserver la facture ou le reçu, une note de frais datée précisant l'objet du déplacement et l'identité des personnes rencontrées, ainsi que, pour un déplacement en véhicule personnel, le nombre de kilomètres parcourus et le barème utilisé. Une prise en charge injustifiée — un week-end familial présenté sans objet professionnel identifiable, par exemple — peut conduire à un redressement de cotisations, à la qualification d'avantage occulte ou de revenu distribué, voire à la constatation d'un compte courant d'associé débiteur, particulièrement sensible dans une SAS. La politique de remboursement des frais doit donc être écrite, proportionnée et appliquée de manière constante.

Dividendes du président ou du DG actionnaire : quel régime fiscal et social en 2026 ?

La rémunération constitue la contrepartie des fonctions exercées et peut ouvrir des droits sociaux ; les dividendes rémunèrent le capital investi et supposent l'existence de sommes distribuables, une décision régulière des associés et une trésorerie suffisante. Ils ne peuvent donc pas être versés librement chaque mois comme un salaire.

Un président ou un DG doit-il être actionnaire pour percevoir des dividendes ?

Oui. Seule une personne détenant des actions de la SAS peut percevoir les dividendes attachés à ces titres : le mandat social ne donne, par lui-même, aucun droit aux dividendes. Un président non actionnaire peut recevoir une rémunération au titre de ses fonctions, mais ne peut pas participer à une distribution réservée aux actionnaires ; à l'inverse, un actionnaire peut percevoir des dividendes sans exercer aucune fonction de direction. Dans une SAS dirigée par un président extérieur au capital et percevant 80 000 euros de rémunération annuelle, alors que deux fondateurs détiennent respectivement 60 % et 40 % des actions sans exercer de mandat, seuls les fondateurs peuvent recevoir les dividendes décidés par les associés : la rémunération et les dividendes répondent ainsi à deux questions différentes, celle du travail de direction et celle de l'investissement au capital.

Les dividendes de SAS supportent-ils des cotisations sociales ?

Les dividendes versés au président ou au DG actionnaire d'une SAS ne sont pas intégrés dans l'assiette des cotisations sociales dues au titre de son mandat d'assimilé salarié. Il n'existe pas, pour les dividendes de SAS, de réintégration dans les cotisations sociales au-delà d'un seuil de 10 % du capital social — cette règle concerne certaines situations de dirigeants relevant du régime des travailleurs indépendants, notamment en SARL, mais ne s'applique pas au président assimilé salarié d'une SAS. Les dividendes restent néanmoins soumis aux prélèvements sociaux applicables aux revenus du capital, et n'ouvrent aucun droit à la retraite, aux indemnités journalières ou à l'assurance chômage : un dirigeant qui perçoit uniquement des dividendes peut donc recevoir un revenu significatif sans se constituer de protection sociale grâce à ces sommes.

Quel est le taux du PFU sur les dividendes en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, les dividendes perçus par une personne physique fiscalement domiciliée en France relèvent, par défaut, du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, contre 30 % auparavant. Cette hausse résulte de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), qui a porté le taux de CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %, portant ainsi les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % ; la part correspondant à l'impôt sur le revenu reste fixée à 12,8 %. Pour un actionnaire percevant 20 000 euros de dividendes bruts, l'application du PFU de 31,4 % représente un prélèvement de 6 280 euros, l'actionnaire conservant 13 720 euros sous réserve de sa situation fiscale globale.

Au moment du versement, la société opère un prélèvement fiscal non libératoire de 12,8 % — qui constitue un acompte d'impôt sur le revenu imputé lors de la déclaration annuelle — ainsi que les prélèvements sociaux. L'actionnaire peut demander à être dispensé de cet acompte de 12,8 % lorsque son revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 50 000 euros pour une personne seule ou 75 000 euros pour un couple soumis à imposition commune ; la demande doit être adressée à l'établissement payeur avant le 30 novembre de l'année précédant celle du paiement. Cette dispense n'est pas une exonération : elle évite seulement l'avance de trésorerie que représente l'acompte, et ne concerne pas les prélèvements sociaux, qui restent dus lors du versement.

Rémunération du mandat ou dividendes : comparatif synthétique
CritèreRémunération du mandatDividendes
Bénéficiaire possiblePrésident, DG ou DGD, actionnaire ou nonActionnaire uniquement
Déductibilité pour la SAS à l'ISDéductible sous conditionsJamais déductible
Cotisations socialesCotisations du régime général (assimilé salarié)Aucune cotisation sociale de mandat, mais prélèvements sociaux sur revenus du capital
Droits sociaux ouvertsRetraite de base, Agirc-Arrco, indemnités journalières sous conditionsAucun droit social
RégularitéPeut être versée chaque moisSuppose un bénéfice distribuable et une décision des associés
Fiscalité personnelleBarème progressif, catégorie traitements et salairesPFU de 31,4 % par défaut, ou option globale pour le barème avec abattement de 40 %
Principal point de vigilanceCoût social et impact sur la trésorerieAbsence de protection sociale et conditions juridiques de la distribution
La rémunération est en principe déductible du résultat fiscal de la SAS lorsqu'elle correspond à un travail effectif, n'est pas excessive et a été régulièrement décidée ; les dividendes sont toujours prélevés sur un bénéfice ayant déjà supporté l'impôt sur les sociétés.

Quand opter pour le barème progressif ?

Le contribuable peut renoncer au PFU et choisir l'imposition au barème progressif, option exercée dans la déclaration annuelle au moyen de la case 2OP. Pour les dividendes éligibles, elle permet l'application d'un abattement de 40 % avant leur soumission au barème, les prélèvements sociaux restant dus sur le montant brut ; une fraction de la CSG peut par ailleurs être déductible du revenu global. L'option présente une particularité essentielle : elle est globale, et s'applique à l'ensemble des revenus et gains normalement soumis au PFU au titre de la même année — dividendes, intérêts, plus-values mobilières. Un actionnaire percevant 30 000 euros de dividendes et peu d'autres revenus mobiliers peut trouver le barème progressif avantageux grâce à l'abattement de 40 %, mais la conclusion serait différente s'il réalisait la même année une importante plus-value mobilière, l'option globale soumettant alors celle-ci au barème et augmentant sensiblement l'impôt total. Une simulation doit donc être réalisée chaque année avant de valider ou de supprimer la case 2OP.

Dans quelles conditions une SAS peut-elle distribuer des dividendes ?

Une distribution suppose l'existence d'un bénéfice distribuable ou de réserves distribuables, déterminé à partir du résultat de l'exercice, diminué des pertes antérieures et des sommes affectées aux réserves légales ou statutaires. La réserve légale doit en principe recevoir au moins 5 % du bénéfice de l'exercice jusqu'à ce qu'elle atteigne 10 % du capital social. Une SAS réalisant un bénéfice comptable de 100 000 euros, mais disposant de 30 000 euros de pertes antérieures et devant affecter 5 000 euros à la réserve légale, ne dispose donc pas automatiquement de 100 000 euros distribuables : le montant pourrait être ramené à 65 000 euros. Même distribuable, la société doit encore vérifier sa trésorerie disponible : le résultat comptable, le bénéfice distribuable et la trésorerie disponible sont trois notions distinctes, et toute distribution réalisée en l'absence de sommes distribuables peut être qualifiée de dividende fictif, exposant dirigeants et bénéficiaires à des conséquences civiles, fiscales et, selon les circonstances, pénales.

Salaire ou dividendes : comment rémunérer un président ou un DG de SAS ?

Il est d'ailleurs plus exact de parler de rémunération du mandat que de salaire lorsque le président ou le DG n'est pas également titulaire d'un contrat de travail, même si le terme « salaire » reste couramment employé en pratique.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la rémunération ?

La rémunération présente d'abord un avantage fiscal pour la SAS soumise à l'IS : lorsqu'elle correspond à un travail effectif et a été régulièrement décidée, elle est en principe déductible et réduit d'autant l'assiette de l'impôt sur les sociétés. Elle permet également au dirigeant d'acquérir des droits sociaux — trimestres de retraite, points Agirc-Arrco, indemnités journalières — et apporte une régularité financière utile dans ses relations avec une banque ou un bailleur. Son principal inconvénient tient à son coût social : entre la rémunération brute fixée pour le mandat et le montant net perçu par le dirigeant se trouvent les cotisations patronales, les cotisations salariales et le prélèvement à la source, de sorte qu'une enveloppe de 50 000 euros consacrée à la rémunération d'un président ne se traduit jamais par 50 000 euros sur son compte personnel. La rémunération suppose en outre une paie adaptée au mandataire social et peut peser sur la trésorerie de la SAS, notamment lorsque les encaissements sont irréguliers.

Quels sont les avantages et les limites des dividendes ?

Les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales dues sur la rémunération du mandat, mais supportent l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux applicables aux revenus du capital. Ils permettent de rémunérer le capital investi et offrent une certaine souplesse, les associés pouvant décider de n'en distribuer qu'une partie et de conserver le solde en réserve pour financer un recrutement ou une acquisition. Une stratégie différente peut être envisagée lorsque les actions sont détenues par une holding soumise à l'IS : sous réserve des conditions du régime mère-fille, celle-ci peut bénéficier d'une exonération de 95 % des dividendes reçus. Les dividendes présentent toutefois des limites structurelles : ils ne sont jamais déductibles du résultat fiscal de la SAS, supposent l'existence d'un bénéfice distribuable et d'une décision régulière des associés, ne créent aucun droit social, et leur versement peut être source de tensions entre actionnaires lorsque certains souhaitent percevoir rapidement une partie des bénéfices quand d'autres préfèrent financer la croissance.

Exemple chiffré — rémunération ou dividendes avec une enveloppe de 50 000 euros

Hypothèse retenue

Une SAS soumise à l'IS au taux normal de 25 % dispose d'une enveloppe de 50 000 euros avant impôt et compare deux solutions pour son président actionnaire, avec des cotisations patronales estimées à 42 % de la rémunération brute, des cotisations salariales à 23 %, un prélèvement à la source de 10 % et le PFU 2026 de 31,4 % pour les dividendes.

Option rémunération

Avec un coût total de 50 000 euros, la rémunération brute serait d'environ 35 200 euros. Après cotisations salariales (environ 8 100 euros), le dirigeant percevrait environ 27 100 euros net avant impôt, soit environ 24 400 euros après un prélèvement à la source de 10 %. La charge de 50 000 euros serait en principe déductible du résultat de la SAS, et le dirigeant acquerrait parallèlement des droits sociaux.

Option dividendes

La SAS acquitte d'abord 12 500 euros d'IS au taux de 25 %, laissant 37 500 euros distribuables sous réserve des conditions habituelles. Le PFU de 31,4 % représente un prélèvement de 11 775 euros : le dirigeant reçoit environ 25 725 euros nets, sans acquérir de droits sociaux supplémentaires.

Taux et montants exclusivement illustratifs : ils varient selon le niveau de rémunération, les plafonds de cotisations réels et la situation fiscale du dirigeant. Une simulation personnalisée avec l'expert-comptable reste nécessaire.

Quelle rémunération faut-il percevoir pour valider quatre trimestres de retraite en 2026 ?

La validation de quatre trimestres constitue souvent le premier objectif d'un président qui commence à se rémunérer ; elle obéit à des règles précises, distinctes du plafond annuel de la Sécurité sociale.

La validation des trimestres dépend-elle du temps travaillé ?

Non : la validation d'un trimestre de retraite ne dépend pas du nombre de mois travaillés, mais du montant de la rémunération soumise aux cotisations d'assurance vieillesse, calculé par référence à 150 fois le SMIC horaire brut applicable au 1er janvier de l'année considérée. Le nombre de trimestres pouvant être validés reste plafonné à quatre par année civile, quel que soit le montant perçu. Un président exerçant son mandat toute l'année pour 6 000 euros brut peut ainsi valider moins de trimestres qu'un second n'exerçant son mandat que six mois mais percevant 8 000 euros brut soumis aux cotisations vieillesse : c'est le montant cotisé qui est déterminant, non la durée de travail prise isolément. Le calendrier de versement doit néanmoins être examiné avec le gestionnaire de paie, la rémunération prise en compte étant limitée par les plafonds applicables à chaque période de paie.

Seuils de rémunération brute pour valider les trimestres de retraite en 2026
Trimestres visésSeuil de rémunération brute soumise aux cotisations vieillesse
1 trimestre1 803 €
2 trimestres3 606 €
3 trimestres5 409 €
4 trimestres7 212 €
Seuils calculés sur la base de 150 fois le SMIC horaire brut au 1er janvier 2026 (12,02 €), conformément à la circulaire Cnav 2025-33 du 23 décembre 2025. Ce seuil ne doit pas être confondu avec le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € en 2026.

Valider quatre trimestres suffit-il à préparer sa retraite ?

Non. La validation de quatre trimestres alimente la durée d'assurance et contribue à déterminer si l'assuré remplit les conditions du taux plein, mais elle ne garantit pas une pension élevée : deux présidents percevant respectivement 7 500 euros et 45 000 euros de rémunération annuelle peuvent tous deux valider quatre trimestres, tout en acquérant des droits très différents, le salaire annuel soumis à cotisations intervenant dans le calcul du salaire annuel moyen retenu pour la retraite de base et dans le nombre de points Agirc-Arrco acquis. Il est donc faux d'affirmer qu'il faut percevoir un PASS pour valider quatre trimestres : le PASS constitue un plafond de référence pour d'autres calculs, et n'est en rien le minimum légal nécessaire à la validation, fixé à 7 212 euros en 2026. Une rémunération proche du seuil minimal peut constituer une première protection pendant la phase de lancement de la SAS, mais maintenue durablement, elle risque de produire une retraite de base faible et un nombre limité de points de retraite complémentaire.

Quels autres éléments peuvent compléter la rémunération du président ou du DG ?

Ces éléments ne doivent pas être assemblés comme un simple catalogue d'avantages : chacun répond à un objectif différent et obéit à ses propres conditions juridiques, sociales et fiscales.

Les frais professionnels et l'épargne salariale

Le président ou le DG peut être remboursé des dépenses qu'il engage personnellement pour les besoins de l'activité — déplacements, hébergement, repas d'affaires, indemnités kilométriques — à condition de transmettre les factures et justificatifs correspondants ; une politique interne de frais permet d'éviter les traitements incohérents. La SAS peut par ailleurs mettre en place des dispositifs d'épargne salariale, plan d'épargne d'entreprise, plan d'épargne retraite d'entreprise collectif, accord d'intéressement ou régime de participation, l'accès du dirigeant à ces mécanismes n'étant toutefois pas automatique : leur caractère collectif suppose en principe la présence d'un salarié distinct du dirigeant, une SAS composée uniquement de son président ne pouvant employer celui-ci comme unique bénéficiaire d'un mécanisme présenté comme collectif.

La protection complémentaire et les mécanismes d'intéressement au capital

Une protection complémentaire — mutuelle, prévoyance, retraite supplémentaire, assurance contre la perte du mandat auprès d'un organisme comme la GSC — peut compléter la couverture du régime général, sous réserve de respecter les conditions propres à chaque dispositif, notamment le caractère collectif et obligatoire exigé pour bénéficier d'un traitement social favorable. La SAS peut également associer le dirigeant à la création de valeur par des actions gratuites, des options de souscription ou d'achat d'actions, des BSPCE lorsque les conditions légales sont réunies, des actions de préférence ou un management package combinant plusieurs instruments. Ces dispositifs supposent de distinguer soigneusement la rémunération du mandat, le gain d'acquisition, la plus-value de cession et les dividendes, chaque qualification obéissant à ses propres règles fiscales et sociales : un gain présenté comme une plus-value peut être requalifié en rémunération lorsque le bénéficiaire ne supporte pas de véritable risque d'investisseur.

Une holding permet-elle d'optimiser les dividendes du dirigeant de SAS ?

La création d'une holding est souvent présentée comme un moyen de recevoir les dividendes d'une SAS sans fiscalité. Cette affirmation est inexacte : une holding peut réduire fortement l'imposition immédiate des dividendes qu'elle reçoit, mais les fonds restent sa propriété et ne peuvent pas être utilisés librement par son dirigeant pour financer ses dépenses personnelles.

Le principe du régime mère-fille

Sous conditions, une holding soumise à l'impôt sur les sociétés peut bénéficier d'une quasi-exonération des dividendes versés par sa filiale : dans le schéma le plus courant, elle doit détenir au moins 5 % du capital de la SAS opérationnelle et s'engager à conserver les titres au moins deux ans. Lorsque le régime s'applique, les dividendes reçus sont retranchés du résultat imposable de la holding, sous réserve d'une quote-part de frais et charges qui reste en principe imposable à hauteur de 5 % de leur montant — cette quote-part pouvant être ramenée à 1 % dans certaines configurations de groupe intégré fiscalement, sous réserve du respect de conditions spécifiques.

Exemple chiffré — remontée de dividendes vers une holding

Situation

Une SAS opérationnelle verse 100 000 euros de dividendes à sa holding, qui remplit les conditions du régime mère-fille (détention d'au moins 5 % du capital depuis plus de deux ans).

Traitement fiscal

95 000 euros sont en principe exonérés ; la holding réintègre une quote-part de frais et charges de 5 000 euros dans son résultat imposable. Au taux normal d'IS de 25 %, l'imposition correspondante s'élève théoriquement à 1 250 euros : la holding conserve environ 98 750 euros disponibles pour financer ses projets.

Point de vigilance

Ces fonds appartiennent à la holding, non à son associé. Si celui-ci les prélève sans rémunération régulièrement décidée, distribution de dividendes ou remboursement d'un compte courant créditeur, la dépense peut être regardée comme une distribution occulte ou un usage des biens sociaux contraire à l'intérêt de la holding.

Exemple pédagogique ; les conditions du régime mère-fille doivent être vérifiées au cas par cas, notamment en cas de restructuration pendant la période de conservation des titres.

Quand la holding est-elle réellement pertinente ?

Une holding devient particulièrement pertinente lorsqu'elle répond à un projet économique identifiable : réinvestir les dividendes d'une première société dans une nouvelle activité, financer une opération de croissance externe, centraliser certaines participations ou certains financements, ou organiser progressivement une transmission. Sa création est en revanche moins convaincante lorsqu'elle sert uniquement d'étape intermédiaire avant une consommation personnelle immédiate des fonds : si la holding redistribue aussitôt les dividendes reçus à son associé personne physique, celui-ci supporte la fiscalité personnelle applicable, la structure n'ayant fait que différer l'imposition pendant une période parfois très courte tout en générant des frais de constitution et de fonctionnement.

Foire aux questions sur le statut du président et du directeur général de SAS

Le président d'une SAS est-il un salarié ?

Non. Le président est titulaire d'un mandat social, pas d'un contrat de travail. Lorsqu'il perçoit une rémunération au titre de ce mandat, il est affilié au régime général de la Sécurité sociale en qualité d'assimilé salarié, ce qui lui donne accès à une protection proche de celle d'un salarié cadre, sans pour autant lui conférer les droits attachés à un contrat de travail, comme les congés payés ou l'assurance chômage.

Le pourcentage de capital détenu change-t-il le statut social du président ?

Non. Dans une SAS, un président rémunéré au titre de son mandat relève du régime général en qualité d'assimilé salarié, qu'il soit minoritaire, majoritaire ou non actionnaire. Cette règle diffère de celle applicable au gérant majoritaire de SARL, qui relève en principe du régime des travailleurs indépendants.

Le président ou le DG de SAS cotise-t-il à l'assurance chômage ?

Non. Le mandat social ne crée pas de lien de subordination, condition nécessaire à l'affiliation à l'assurance chômage. Le président, le directeur général et le directeur général délégué ne cotisent donc pas à cette assurance au titre de leur mandat, même lorsqu'ils perçoivent une rémunération soumise à cotisations et reçoivent un bulletin de paie.

Un président ou un DG non actionnaire peut-il percevoir des dividendes ?

Non. Seule une personne détenant des actions de la SAS peut percevoir les dividendes attachés à ces titres. Le mandat social ne donne, par lui-même, aucun droit aux dividendes : un dirigeant non actionnaire peut être rémunéré au titre de ses fonctions, mais ne peut pas participer à une distribution réservée aux actionnaires.

Quel est le taux d'imposition des dividendes de SAS en 2026 ?

Les dividendes perçus par une personne physique fiscalement domiciliée en France relèvent par défaut, depuis le 1er janvier 2026, du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux. Le contribuable peut opter chaque année, de manière globale, pour le barème progressif avec un abattement de 40 % sur les dividendes éligibles.

Quelle rémunération faut-il percevoir pour valider quatre trimestres de retraite en 2026 ?

Un président ou un DG de SAS doit percevoir au moins 7 212 euros brut soumis aux cotisations vieillesse au cours de l'année 2026 pour valider quatre trimestres, ce seuil correspondant à 600 fois le SMIC horaire brut applicable au 1er janvier 2026. Ce montant ne doit pas être confondu avec le plafond annuel de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 euros en 2026.

Un mandat de président ou de DG peut-il être exercé gratuitement ?

Oui. La rémunération du président, du directeur général ou du directeur général délégué n'est pas obligatoire. La gratuité du mandat doit toutefois résulter d'une décision claire et régulièrement prise par l'organe compétent, faute de quoi une absence de versement peut être requalifiée en rémunération différée ou en dette de la société envers son dirigeant.

Conclusion

Le président et le directeur général d'une SAS partagent, lorsqu'ils sont rémunérés au titre de leur mandat, un régime social d'assimilé salarié qui les rapproche des salariés sans leur en conférer pleinement la qualité : ni assurance chômage, ni protection contre le licenciement, mais une couverture maladie, maternité et retraite proche de celle d'un cadre. Cette proximité ne doit pas masquer l'essentiel : la rémunération du mandat, les dividendes, les avantages en nature et les remboursements de frais obéissent chacun à des règles fiscales et sociales distinctes, et leur bon dosage dépend autant de la situation personnelle du dirigeant — âge, protection sociale déjà acquise, besoins de trésorerie personnelle — que des résultats et de la trésorerie de la SAS.

Cet arbitrage doit être anticipé dès la rédaction des statuts de la SAS, qui déterminent l'organe compétent pour fixer la rémunération, l'existence éventuelle d'un directeur général ou d'un directeur général délégué, et les conditions de leur révocation. Lorsque plusieurs actionnaires sont impliqués dans la gouvernance, ces questions gagnent également à être complétées par un pacte d'associés, notamment pour organiser la politique de distribution des dividendes et les conséquences du départ d'un dirigeant. Une révision au moins annuelle de cet équilibre, réalisée avec l'expert-comptable et, pour les questions statutaires, avec un avocat, permet de sécuriser à la fois la protection sociale du dirigeant et la situation financière de la société.

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